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  • : François Giovangigli. Art contemporain.
  • : Blog sur le travail de François Giovangigli, installations, peintures, monuments provisoires. Présentation de tout son travail et de ses dernières recherches sur les an-atomiques et les an-organiques.
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A l'occasion d'une double exposition organisée par la Ville d'Aix en collaboration avec le Musée Toulouse Lautrec, à Albi et le Musée d'Art Sacré de Pont Saint Esprit, où François Giovangigli exposera de fin mars à septembre 1995, et en attendant son exposition à la galerie Marina d'Avignon, le Méridional a rencontré François Giovangigli



Consacré aujourd'hui officiellement, cet artiste de 33 ans d'origine aixoise, est passé par les Beaux-Arts d'Avignon. Notre journal l'a déjà, à plusieurs reprises reconnu comme un des plus grands peintres de sa génération.

C'est évident: l'oeuvre de François Giovangigli est de celle dont parlait Flaubert "qui tiennent debout toutes seules, par la force interne de leur style. Un style qui d'année en année s'affirme unique et indestructible: une oeuvre de Giovangigli c'est désormais "un Giovangigli".


François Giovangigli et son grand-père Charles Thioulon


L.M:On sait que vous aimez beaucoup faire des expositions "sauvages", en extérieur, et nomades, comme votre "Tombeau imaginaire pour Arthur Rimbaud", à la Grande Halle de La Villette en 91, ou vos expositions à Berlin, cet été. Or vous voici "officiellement" enfermé dans un musée.

François Giovangigli: "les expositions officielle, ça sert à être crédible. A Aix, pour présenter de l'art contemporain, on ne peut s'adresser qu'à Bruno Ely, conservateur du Musée des Tapisseries, et à Catherine Camboulives, conservatrice du Musée Granet. Ce cycle d'expositions n'aurait pu avoir lieu sans eux, ni sans les conservateurs d'Albi et de Pont Saint Esprit.
Mais depuis trois ans, l'élément central de mon travail ce sont les monuments provisoires, modulables et en extérieur. Peindre en atelier et attendre le client, ça a un côté dealer, sous le manteau. Je préfère bosser dehors, c'est plus intéressant pour l'artiste ou des collectivités, de travailler plutôt sur l'oeuvre à créer que sur l'oeuvre produite. Travailler en extérieur, c'est créer un art pour tous et que personne ne peut s'approprier.`

L.M: Quand vous n'exposez pas en extérieur, vous aimez utiliser les lieux de culte qui sont en évidente correspondance avec la symbolique sacrée de vos oeuvre.

François Giovangigli: "Oui dans les deux cas il s'agit de communion. Je ne suis pas bigot mais je trouve anormal qu'il y ait de grandes messes, la queue; dans les expositions d'impressionnistes, et que les églises soient vides. Les artistes sont les derniers à pouvoir faire communiquer, communier les gens. Mais il faut se méfier du côté messianique. Nous sommes des moines défroqués, avec notre spiritualité mais aussi avec toutes nos erreurs. Regardez à part peut-être Fra Angelico tous les peintres sont des moines défroqués: Giorgione etc...

L.M: Vos tableaux travaillés dans une matière très épaisse tiennent à la fois de la peinture et de la sculpture. Et parallèlement au tableau, cette double exposition présente les grands polyptyques des "Monuments Provisoires". On y retrouve deux de vos idées fixes: le gisant et le poisson en chair et en arêtes.

François Giovangigli: "Ma démarche est double: depuis longtemps, je souhaite faire de la "peinture architecturale". La peinture est un travail très physique, gestuel, on pétrit la matière en continuité avec le monde. Des couleurs que j'ai toujours fabriquées moi-même, je suis passé à des matériaux que je rencontrais dans mes déplacements et que je pense comme de la peinture: ardoises, sables, bois, papier mâché -les journaux, c'est LE MONDE et broyer le monde pour faire de la peinture, c'est pas mal, non?-. Réutiliser les matériaux déjà utilisés et inertes, c'est une façon de réfléchir sur les rapports de la vie et de la mort, de la peinture au monde.

Et pour les mêmes raisons je suis passé à la matière organique, dynamique, à des corps morts.C'est une façon d'aborder la sculpture par delà la symbolique.

Nourrir la peinture avec des poissons c'est aussi faire comprendre que la peinture se nourrit de quelque chose: l'artiste ne s'autodévore pas. Pour restituer le monde il est cannibale, grand prédateur d'énergies.

D'autre part, j'ai toujours voulu donner une forme complexe à la peinture. Comme Edgar Morin je suis fasciné par la complexité, du monde comme d'un être.La sensation d'espace clos, fragmentaire d'une toile m'irrite. Avec les monuments provisoires je cherche la continuité. Ce cycle de cinq expositions( Espace Commines à Paris, Berlin, Aix, Albi et Pont Saint Esprit ) qui seront complètement différentes les unes des autres, me permet de travailler sur des oeuvres à fonctionnement multiple, des modulations d'ensemble. C'est passionnant et nouveau.

A Pont Saint Esprit, dans l'abbaye du Prieuré Saint Pierre, il y aura sans doutes un grand monument provisoire, des chants polyphoniques et j'y ferais baptiser mon fils Pierre.

Propos recueillis par Danièle Carraz.

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