Suite à l'image précédente, cette peinture comme un appendice organique.
"La pisseuse" an-atomique, carnet 1, page 09. 2007
Le titre de cette page est un hommage aux photographies de
Claude Fauville dont le livre "
Pisseuses", est beau, étonnant, dérangeant. J'aimerai frôler d'aussi près la flamme, la forme, la femme, le flou, les fluides corporels et leurs orifices.
Bonjour Fauville.
Je me souviens d'une amie qui s'entêtait, avec concupiscence, à uriner dans une pissotière, un de ces urinoirs très sixties, comme un globe occulaire immaculé où l'on se soulage dans l'iris amputé, et dont la pupille, posée au fond de la cornée, avale goulûment son dû tout en faisant mine de ne rien observer, dissimulée parfois sous un vieux quignon de pain mouillé, attendant la succinte secousse des ultimes gouttes.
Après plusieurs essais, et une virtuosité subtile et non sans saveur, elle réussit à se mêler à la meute couillue dans la niche odorante.
Ou peut-être était-ce une de mes soeurs ?
Mais ce n'est pas sur cette confidente que je voulais m'étendre ici.
Plutôt sur cette autre amie, Aliette, jeune femme stéatopyge, dont les deux portions gourmandes de son corps n'étaient pas du même cuisinier.
Une culasse carrossée comme une casserole coagulée d'un cassoulet séculaire dont on n'aurait consommé que la cochonaille.
Et le buste et la poitrine en un fragile équilibre instable, comme deux profiteroles l'été dans un restaurant japonais à Marseille.
Mais le quartier de son corps le plus estomaquant était sans conteste la ceinture frontalière, le check-point, le cordon d'accidents du choc de plaques techtoniques.
Des circonvolutions ondulatoires comme les vagues du Fleuve Rouge dans le delta du Tonkin à marée montante.
Le meilleur coin pour la pèche aux carnassiers.
Ou les replis de la paroi utérine avant la pleine lune, soupe tiède dans la lutte à mort pour la vie.
La veille, leur veule étreinte m'a vidé de la vigueur d'un jeune veau.
Une confusion éphémère mais rédhibitoire.
Aujourd'hui, je les retrouve, souvent complice, dans le dessin des
an-atomiques.
Et je les peins avec délices.
Salut Aliette.
Ciao a tutti